L’avenir. Ici. Maintenant.

La voiture autonome relève peut-être de la science-fiction pour les conducteurs de véhicules actuels, mais sa technologie est néanmoins bien réelle. Voyons ce qui nous attend au prochain carrefour et le chemin qu’il nous reste à accomplir avant d’arriver à destination.

Le véhicule de recherche F 015 de Mercedes-Benz

Le F 015 est équipé d’un panneau à DEL plutôt que d’une calandre (à gauche) ; un système de projection laser peut faire apparaître, au besoin, un passage piétonnier sur la route (à droite).

La vision

Mercedes-Benz, dont les origines remontent à l’invention de l’automobile par Carl Benz, en 1886, s’apprête une fois de plus à révolutionner la manière dont nous nous déplaçons, cette fois par la mise au point de véhicules totalement autonomes. Aujourd’hui, Dieter Zetsche, président de Mercedes-Benz et du conseil d’administration de Daimler AG, peut décrire avec précision ce que ces voitures sans chauffeur pourront accomplir : « Non seulement les Mercedes-Benz de demain ne produiront aucune émission de gaz, mais elles seront complètement autonomes, plus sécuritaires et plus luxueuses que jamais, et entièrement connectées. Ces bulles de confort nous mèneront de la maison au bureau ; on pourra y travailler, communiquer, relaxer et s’y divertir. » Il y a 130 ans, Carl Benz créait la voiture sans chevaux ; Mercedes-Benz s’apprête aujourd’hui à rendre possible la voiture sans chauffeur. Les premiers véhicules quasi autonomes devraient apparaître sur les routes dès 2025. Après quoi, il n’y aura qu’un pas à franchir pour parvenir à une autonomie totale. Les camions et les voitures arriveront à destination de manière efficace et sécuritaire grâce à un système de capteurs sophistiqué, à une cartographie précise de l’environnement et à une totale connectivité. Dévoilé en 2015, à Las Vegas, le véhicule de recherche F 015 Luxury in Motion est la concrétisation de cette idée d’un espace de vie mobile qui ne nécessiterait aucun chauffeur et dans lequel on pourrait passer le temps comme bon nous semble. Son aménagement intérieur reflète parfaitement cette optique : ses fauteuils pivotants, son élégant plancher en noyer et ses parois latérales munies d’écrans Ultra-HD donnent l’impression d’être dans le lounge d’un luxueux hôtel futuriste. Le volant n’est plus constamment au centre de l’activité : il ne se déploie à l’extérieur du tableau de bord que si l’on décide de ne plus rouler en mode automatique. Les véhicules autonomes permettront non seulement à leurs passagers de bénéficier d’un confort inégalé, mais ils respecteront aussi l’environnement. À titre d’exemple, le F 015 a été conçu pour fonctionner grâce à un système de transmission hybride rechargeable doté d’une pile à combustible (on peut donc le recharger au moyen de sa pile à combustible embarquée ou par une prise électrique), ce qui signifie qu’il ne produit aucune émission de gaz. De grands panneaux à DEL, à l’avant et à l’arrière du véhicule, permettent en outre de communiquer avec les piétons ; un système de projection laser de haute précision peut même faire apparaître, au besoin, un passage piétonnier sur la route, afin que les gens puissent la traverser en toute sécurité.

La Classe E avec son système novateur DRIVE Pilot

Le présent

Mercedes-Benz a beaucoup progressé dans la concrétisation de sa vision avant-gardiste, comme en témoignent les véhicules de recherche F 015, Vision Tokyo (aussi présenté en 2015) et S 500 INTELLIGENT DRIVE. En 2013, cette voiture de Classe S, équipée de systèmes additionnels, est parvenue à parcourir sans chauffeur le trajet de 100 km reliant Mannheim à Pforzheim, malgré la circulation en sens inverse, les nombreux virages et les voitures stationnées en double. Il s’agissait en fait de la même route qu’avait empruntée Bertha Benz en 1888, faisant d’elle une pionnière de la conduite automobile. Aujourd’hui, nombreux sont les modèles de série de Mercedes-Benz qui donnent un avant-goût de la conduite autonome en fournissant de l’assistance et en allégeant ainsi considérablement la tâche du conducteur. La nouvelle Classe E en est le meilleur exemple avec son système novateur DRIVE Pilot, dont les fonctions semi-automatiques pour la conduite sur voies rapides ont été grandement améliorées. Celles-ci se basent sur les données recueillies par des caméras stéréoscopiques multifonctions et à 360o, ainsi que des capteurs radars multimodes et ultrasoniques, qui permettent de créer une représentation détaillée de l’environnement. Le système DRIVE Pilot offre son assistance dans de nombreuses situations, qu’il s’agisse de se maintenir à bonne distance du véhicule qui nous précède, de respecter les feux de circulation, de freiner, braquer et même naviguer dans les embouteillages. Autre exemple convaincant : dès qu’on a actionné nos clignotants depuis plus de deux secondes, l’assistance active au changement de voie se charge de nous faire emprunter la voie adjacente. Bien entendu, cette manœuvre automatique est exécutée à l’intérieur d’une zone de sécurité déterminée par le système de capteurs, dans laquelle il n’y a aucun autre véhicule. Tout ce qu’il nous reste à faire, c’est de superviser cette procédure et de se tenir prêt à intervenir manuellement, au besoin. Pour quiconque a l’habitude de conduire une voiture standard, ce simple scénario relève de la science-fiction.

La conduite quasi autonome

La concrétisation

Le concept de conduite quasi autonome, et éventuellement totalement autonome, peut sembler révolutionnaire. Sa mise en œuvre ne nécessite toutefois aucune révolution technique. Il ne s’agit en effet que de raffiner et d’améliorer des systèmes déjà testés et éprouvés. Pour mesurer l’importance que revêt l’innovation technologique chez Mercedes-Benz, il suffit de jeter un coup d’œil sur ces chiffres : en 2016 et 2017, Daimler AG investira plus de 20 milliards de dollars dans la recherche et le développement, et c’est sans compter la somme additionnelle de 20 milliards consacrée à l’acquisition de succursales, d’usines et d’équipement. Les ingénieurs de Mercedes-Benz ont presque atteint leur objectif, surtout en ce qui concerne la « fusion des données », soit l’évaluation par des algorithmes intelligents de toute l’information fournie par les caméras et les capteurs radars ultrasoniques. C’est non seulement ce qui permet à un véhicule de reconnaître la signalisation, le marquage routier, les obstacles et les autres automobilistes, mais de s’en faire une représentation spatiale pour que la technologie en place puisse exécuter les manœuvres de freinage et de direction de façon sécuritaire. Mais pour que le champ de vision du véhicule aille bien au-delà de ce que détectent ses propres capteurs, il faut que le réseau de communication Car-to-X prenne de l’expansion. Il pourra ainsi tenir compte de renseignements provenant d’autres sources, qu’il s’agisse d’automobiles ou de balisages, dans ses calculs spatiaux. Voilà pourquoi il importe de perfectionner ce réseautage et de développer une solide infrastructure. C’est l’une des raisons qui ont poussé Audi, BMW et Mercedes-Benz à former un consortium afin d’acquérir le service de cartographie HERE : des cartes routières et géographiques de qualité HD sont en effet indispensables à l’avènement de systèmes de conduite quasi autonome et, éventuellement, totalement autonome. Une autre tâche importante, qui relève davantage des juristes et des politiciens que des ingénieurs : l’adoption d’un cadre juridique à l’échelle internationale régulant la conduite autonome. La plupart des règlements figurant au Code de la route émanent de la Convention de Vienne sur la circulation routière de 1968. Des experts du monde entier travaillent actuellement à la mise à jour et à la normalisation de ces règlements. En sachant que les humains pourront à tout moment éteindre les systèmes informatisés et prendre les commandes, il n’y a aucune raison pour que la conduite quasi autonome et totalement autonome n’obtienne pas le feu vert !

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